Résumé du livre
Au pied du Peyrarche, Victor Gandilhon veille sur les morts dans un village cantalien perdu en montagne et qui se vide peu à peu. Il connaît leurs noms, leurs histoires, leurs secrets, et garde leur mémoire comme on entretient un feu fragile dans la nuit. Mais cet été-là, le Peyrarche reprend ses droits : la chaleur assèche les sources, les bêtes souffrent, et la mort d’une randonneuse ravive de vieilles peurs. On murmure qu’une Bête rôde autour des burons abandonnés. Rumeur d’ivrogne, superstition de curé… ou menace plus ancienne ? À l’heure où ce vieux monde s’efface, seul Victor, ermite bourru et faiseur de secrets, sait que la montagne finit toujours par réclamer son dû.
Que reste-t-il d’un village quand la mémoire s’éteint ?
Le mot du colporteur
Savant mélange de légendes, de réalisme rural et de poésie des sommets, ce roman plonge le lecteur dans un univers à la fois familier et mystérieux. Personnages, lieux et tensions s’y installent avec minutie, et derrière une lenteur apparente s’insinue un suspense discret mais persistant : la sécheresse qui assèche les terres, la mort d’une randonneuse, la présence d’une Bête aussi menaçante qu’insaisissable, et Victor, ermite bourru et gardien de la mémoire du hameau, qui voit son monde disparaître.
Ce n’est pas un simple roman de terroir, mais un récit d’atmosphère où mémoire, montagne et silence s’entrelacent à chaque détail : noms et descriptions des lieux, traditions locales, histoires ancestrales. La contemplation n’y verse jamais dans la mièvrerie ; les descriptions sonnent juste et ne tirent pas à la ligne. Les réflexions philosophiques, discrètes, s’accompagnent d’un humour sincère et évitent tout folklore.
Pour son premier coup d’essai romanesque, Pierre Moulier nous offre un récit empreint d’une réalité très concrète — le dépeuplement des campagnes, par exemple — où affleure pourtant le mythe, dans une tonalité et une sensibilité qui évoquent et convoquent l’univers d’Henri Pourrat ou encore celui de Jean Giono.
Entre légendes ancestrales, réalisme rural et chant des sommets !



